en
fr

Rechercher

L'histoire de Maico

L'histoire de Maico

C’est après la crise de 1928, en 1930 que Les frères Otto et Wilhem Maisch créent la "MAICO", contraction de MAIsch-COmpagnie,

C'est donc avec prudence qu'ils se lancent dans la construction de bicyclettes à Poltringen, une petite bourgade du Jura Souabe.

En 1933 le gouvernement allemand décrète la libération des taxes sur les 2 roues jusqu'à 200 cm3, qui va décider Maïco à fabriquer des motos dès 1934.

Toute la partie cycle est fabriquée par Maïco alors que les moteurs 2 temps sont fournis par les constructeurs spécialisés ILO (98 cm3) et Fichtel Sachs (125 cm3).

Malheureusement, cela ne dure pas longtemps, car le dirigisme allemand met la main sur toute l'industrie à des fins militaires et dicte la conduite de Maïco. Pendant la période 1939 - 1945, les ateliers tournent à plein rendement.

La paix revenue, l'usine se retrouve alors sans commandes. La situation est catastrophique, on ne peut se procurer des matières premières qu'avec des cartes de rationnement. Il faut encore s’adapter : construction de jouets, de pièces détachées de bicyclette, installation de gazogènes et aussi atelier de réparation du matériel des troupes d’occupation françaises… tout est bon.

la réforme monétaire de 1948 est un tournant, pendant cette phase que Maïco se décide d’en construire son propre moteur. Ce sera un 125 cm3 2-temps avec 3 vitesses. Le moteur de base fait des petits et d’autres voient le jour adaptés aux exigences du moment :

La M-150 en 1950, moto 2-temps avec commande de changement de vitesses au guidon.

La M-175 en 1952, bien née, cette machine est en effet très performante avec 4 vitesses au pied.

La M-200 S en 1953, superbement suspendue et carénée, Maïco dispose désormais d’un excellent produit.

Ce n'est finalement qu'avec cette providentielle commande de 10 000 motos tout-terrain à usage militaire passée en 1959 par l’armée allemande que Maïco sort du chaos. Dans un essai fait par les militaires, il est apparu que le prototype de chez Maïco est très largement supérieur aux modèles concurrents. Cette machine est construite sur une base de "Blizzard". Elle possède un châssis monotube très stable et un moteur 2-temps de 250 cm3. Elle est équipée de grosses sacoches en cuir et peinte en vert OTAN. Les douanes, la police, la poste aussi passent commande de machines similaires ormis bien sûr la couleur et autres petits détails.

 

Mais c’est en 1954 que le virage a été pris avec la 175 transformée en un modèle tout terrain. A partir de ce modèle, l’usine s’intéresse au moto cross et perfectionne son 175 cm3. Mais il faut attendre les années 1955 et 1956 pour que les Maico obtiennent leurs premiers succès. A la fin de 1956 commence la période d’évolution permanente, avec la préparation pour le Cross de la 250 route dont le cadre est modifié pour la circonstance. En 1957, Betzelbacher est Champion d’Europe de motocross, le titre de vice-champion va à Willy Oesterlé encore sur Maïco ! A cette époque, on décide aussi de courir en 500 avec une 277 cm3 (250 réalésée). La 175 est toujours produite et l’alliage léger fait son apparition pour remplacer la fonte utilisée pour les cylindres.

A partir de 1960, la firme Maïco prend dorénavant une large option dans le sport et ceci dans une grande diversité. C’est ainsi que des milliers de moteurs de kart sont exportés aux USA, des machines spéciales destinées au moto-ball sont envoyées en Russie, en G.P. de vitesse Maïco se forge un nom avec le modèle RS 125, et puis bien sûr le motocross, l’enduro…

En 1962, le Championnat du Monde remplace le Championnat d’Europe. Les dirigeants de Maïco hésitent à prendre part au débat mondial qui va fatalement occasionner des dépenses plus importantes. Finalement c'est oui ! L’excellent Adolf Weil va être durant deux décennies, un modèle de pilotage et d’état d’esprit pour tous les autres pilotes. Dans sa carrière Ad' est vice-Champion du Monde et 14 fois champion d’Allemagne.

Il recevra des mains du Président d’Allemagne Fédérale la "Feuille d’Argent".

C’est toujours en 1962 que les exportations s'organisent sérieusement, pour consommer au milieu des années 70, plus de 80 % de la production.

En 1964, on met un sérieux coup sur les machines de cross avec une partie cycle parfaitement adaptée à la discipline sur les 250 et, surtout, un nouveau moteur de 360 cm3 est maintenant fabriqué. De ces deux motos seront extrapolés l’année suivante deux modèles enduro. C’est depuis cette période que le succès des Maico se fait de plus en plus marquant.

En 1967, un cyclomoteur à 5 vitesses ainsi qu'une 125 cm3 au bas moteur identique sortent des chaînes de montage pour un usage routier.

C'est que depuis longtemps, les pilotes qui souhaitent rouler Maïco on pris l'habitude de faire le déplacement jusqu'à l'usine pour y acheter leur matériel. Ils en profitent pour se tenir au courant des dernières modifications et entretiennent ainsi un relationnel direct avec les ingénieurs, leur faisant remonter les résultats de leurs expériences personnelles.

 

Dans le domaine du motocross les années 1970 sont une période facile et d’embellie. Dès lors, les places d’honneur sont nombreuses avec des pilotes comme Ake Jonsson, Ad' Weil, Hans Maisch qui n'est autre qu'un de fils de Wilhem, Fritz Kobele, Willy Bauer. Peu à peu, ces machines performantes sont appréciées par bien des pilotes hors de l’Allemagne, en Hollande, en Grande Bretagne ou encore en Belgique les spécialistes du sable en sont friands, de Gerrit Wolsink à Graham Noyce, la liste est impressionnante.

Sans oublier chez nous avec les pilotes Queirel, Corroy, Mougin, Portal Denis et Gilles, Bernardini, Broutin, Bacou, Péan, Terroitin, Ollier, Gomez, Leblanc, Birbès. Même chose en enduro, où les titres remportés par Büse, Hass, Von Zitzewits et autres contribuent à faire apprécier Maïco. Le principal artisan de la réussite sportive n'est autre que l'ingénieur Gunther Schier. Depuis son arrivée à l'usine de Pfäffingen en 1966, la marque a réussi à s'octroyer en 1973 le titre de Champion du Monde des constructeurs en 500cm3.  

 

En 1981, Maïco est vraiment au top : 8500 machines sortent des chaînes de l'usine de Pfäffingen. "La qualité du produit ", voilà le souci de la firme Maïco, qualité et aussi efficacité, ce qui fit écrire un journaliste américain dans Dirt-Bike : " sans vouloir porter trop de jugement, on peut à peine croire qu'’il y a une autre machine qui puisse rivaliser avec la MC 490… ".

 

La marque est leader en Europe, à la pointe du progrès et possède des temps de réaction hyper courts car Maïco produit tout sur place. Les blocs, les cadres, les fourches, les boites, les moyeux, les radiateurs, les freins, tout est fait à Pfäffingen et Herrenberg. On sort alors jusqu'à 50 machines par jour !

 

Maïco en 1982 : c’est bien sûr les usines allemandes de Pfäffingen et de Herrenberg, c’est aussi une société d’importation située aux USA, dans la banlieue de Los Angeles et à Norfolk en Virginie.

A Pfäffingen on ne peut rien pour enrayer la faillite, c'est le drame. On saisit tout à Otto mais Wilhem, bien qu'étant très malade reste. Ce sont ses trois fils Hans, Peter et Wilhem Jr qui tentent alors de remonter la marque. On débauche 200 personnes et on fait une réembauche" neuve ", et chaque fils sera responsable d’un secteur déterminé.

En 1983 à grand peine, ils produisent seulement une centaine d'exemplaires. La première Maïco de 83 aurait été faite chez Hans, dans son garage puisque entre temps tout a été vendu ! Et Maïco repart. Mais les machines manquent de mise au point, ce sont les boites à vitesses qui cassent trop souvent.

En 1984, les chiffres de vente repartent en 1985 avec plus de 500 motos. Pendant quelque temps, les machines ne s'appellent plus Maïco mais M.Star. !

Et en 1986 on retrouve les beaux jours. Les frères Maisch embauchent Bert Von Zitzewitz, Rolf Diffenbach, Leif Nicklasson et Colin Dugmore. Ce dernier roulera en Grand Prix aux côtés de Mark Velkeneers.  Pendant cette année, ils produisent 1500 machines mais malheureusement c'est trop. Seules 1100 sont vendues et fin 86 Maïco replonge dans le gouffre d'une nouvelle faillite.

En 1987, les frères Maisch sont là mais ne peuvent plus produire aucune moto. Peter Maisch, Hans est totalement démoralisé, et Wilhem est interné dans un établissement psychiatrique. C'est l'époque la plus noire, de Maïco. Finalement, fin 87 les frères Maisch revendent Maïco à Lorentz Merkle un industriel Bavarois qui, dans un élan patriotique à voulu que Maïco reste allemand.

 

En 90, il essaie de mettre ses motos au goût du jour (pot low boy) et propose des cylindrées intermédiaires (320 et 380). Plus de 200 machines sortent de l’usine

 

Malheureusement dès 92, les petits problèmes resurgissent. s ainsi un La production est dramatiquement en retard et les clients ne peuvent disposer de leurs matériel qu'en avril.

En 93 c'est mieux, les Maïco sont bonnes et à l'heure. La 440 est développée, l'usine se structure et se modernise avec un système de livraison automatisée des pièces détachées.

           

En 1994, l’usine espère enfin atteindre le seuil d'équilibre soit environ 500 motos. Deux nouveaux techniciens ont été embauchés  dont un très bon motoriste. On voit arriver un cadre redessiné et un projet de 125 (hélas jamais concrétisé).

 

Début 1995 M. Merkle Père n'a plus trop d'argent, dans l'affaire il en a beaucoup injecté et pas trop récupéré. Une lassitude certaine, l'âge, des problèmes de santé et des litiges avec son fils, font qu'il envisage sérieusement de vendre Maïco.

C'est finalement une association entre Remco Demmer (qui fait dans l'usinage de métaux aux Pays Bas), Luca Portelli (fils de l'ancien très bon importateur italien dans les années 70-80) et Lorentz Merkle qui reprend l'usine à son compte. L'usine est déménagée en Hollande dans les locaux de M. Demmer Père. L'association ne dure que quelques mois (de fin 1995 à mars 1996), au terme desquels c'est la famille Demmer qui reprend tout à son compte.

 

Fin 96, coup de théâtre : le groupe hollandais "Jacobs Trade" se dit propriétaire de Maïco ! chez eux à Venlo (Maastrich). En fait Jacobs se charge de la commercialisation des motos Maïco qui restent, elles, usinées et assemblées par messieurs Demmer père et fils.

Début 1997 : L'association avec Jacobs Trade est arrêtée et c'est Remco Demmer qui reprend à nouveau la distribution des motos à son compte.

Juin 1997 : Il semble que la famille Demmer n'ait pas payé la famille Merkle ! Le 31 juillet, M. Demmer père rachète Maïco (ou finit de la payer) et tout reste en Hollande.

 Juin 1998 : La société Maïco Motorcycles N.V. est déclarée en "banqueroute". L'arrêt définitif de la production est prononcé pour le 31 décembre de la même année.

1er janvier 1999 : La société BRM Sport de Nijkerk, représentée par M. Brouwer rachète Maïco et continue la production à très petite échelle. Moins de 20 unités (rien que des 500 cm3) sont importées en France...

2000 et 2001 : La production est quasiment arrêtée.

2002 : Un motocyste allemand, Axel Köstler de Leverkusen assemble des machines avec les pièces qu'il a rachetées à M. Brouwer. Il propose une gamme complète cross, enduro et supermotard.